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Guy Jacquemelle
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dimanche 27 mars 2011
Intuitions de Dominique Dyens
Il est avocat, elle dirige une agence immobilière. Leur fils ainé, Grégoire, étudie à New-York et Amélie, leur fille de 16 ans juge les comportements de sa famille avec distance et ironie: « Je me sens tellement différente d’eux, au point que, régulièrement, je me demande s’ils sont bien mes parents. »
Chez les Royer les non-dits permettent d’éviter les sujets qui fâchent et Patrice se refuse à évoquer avec son épouse le drame qui les a frappés dix ans plus tôt; traumatisme qu’elle n’est jamais parvenue à surmonter.
Nathalie rêve d’une aventure avec le mari d’une de ses amies tandis que Patrice lui, a déjà franchi la ligne jaune.
Un SMS de leur fils Grégoire leur annonçant son prochain mariage avec Gala, une jeune française de bonne famille et vivant aux Etats-Unis, va chambouler ce jeu des apparences et entraîner des réactions en chaîne.
La première rencontre entre les parents de Grégoire et la fiancée se passe bien, du moins en apparence, car Nathalie Royer a une mauvaise intuition. Est-ce la façon cavalière dont son fils leur a appris la nouvelle ? Le premier dîner avec la future belle-famille lors duquel certains sujets sont évités ? Nathalie décide de mener une enquête sur Gala. Ses recherches teintées de paranoïa et d’irrationalité vont révéler de lourds secrets.
Dans Intuitions, roman haletant, Dominique Dyens dépeint avec beaucoup d’ironie et de justesse le dérèglement d’un couple bien sous tous rapports. Cette famille « presque parfaite » donne l’illusion d’une vie idyllique alors qu’elle est en réalité au bord de la crise de nerfs.
Le vernis et les apparences de ce microcosme bourgeois ne résistent pas au talent de l'auteure de Délit de fuite. Dans la lignée de certains films de Chabrol, elle nous offre dans ce roman, aux allures de thriller et à la frontière de la raison et de la folie, une âpre satire de la «bonne» société.
jeudi 24 mars 2011
Papa Poule de Nicolas Roux ( Editions du Moteur)
Louis, architecte, est marié à Laurence et a deux enfants : Chloé et Sébastien.
Dès le premier chapitre, il succombe aux charmes de Marie, une stagiaire de 22 ans , à peine plus âgée que ses enfants.
Il quitte sa femme et redémarre sa vie avec Marie dans un « charmant » deux pièces .
Tout aurait pu bien se passer si sa nouvelle compagne n’avait pas tant désiré avoir un enfant…
Après d’innombrables efforts infructueux ( voyante, conseils de la grand-mère, gynécologue …), le verdict tombe, impitoyable : Louis est stérile et ne peut pas, n’a pas pu avoir d’enfant.
Dans ce petit livre (78 pages), Nicolas Roux nous entraine dans une aventure très rythmée et très drôle (quoi qu’émouvante) jusqu’à l’ultime surprise !
dimanche 13 mars 2011
Mes 3 derniers coups de cœur : Winter's Bone , Les Femmes du 6e étage , Le Discours d’un roi
Winter's Bone : Une ado, seule et sans aide, qui se bat contre l'omerta ambiante pour retrouver son trafiquant de père. Elle doit prouver qu’il a été assassiné afin de lever l'hypothèque de la maison familiale.
Un film coup de poing, un thriller social, familial, sombre et implacable. L’Amérique des exclus racontée sans concession et sans pathos .
C'est drôle, émouvant et terriblement anglais! Un final éblouissant. Colin Firth et Geoffrey Rush sont époustouflants.
vendredi 25 février 2011
Rose de Tatiana de Rosnay

Paris, sous le Second Empire. A deux pas de l’Eglise Saint-Germain des Près se situe la rue Childebert.
Rose Bazelet habite seule une vieille bâtisse, haute et carrée. Depuis plus de deux siècles, cette demeure est la fierté de sa belle famille. Rose en a fait la promesse à Armand, son défunt mari : jamais elle n’abandonnera cette maison.
Un jour, elle reçoit une longue enveloppe blanche cachetée d’un épais sceau rouge sang. Une lettre d’expropriation venant de la Préfecture de Paris : le tracé du boulevard St Germain, voulu par le baron Haussmann, passe par la Rue Childebert.
Magnifique récit que ce roman épistolaire de Tatiana de Rosnay. L’auteure de Boomerang nous entraine dans les ruelles, les jardins et sur les places d’un Paris aujourd’hui disparu, une époque où les parisiens prenaient le temps de vivre, croisaient des allumeurs de réverbères, ou des conducteurs de fiacres jouant des coudes avec les charrettes surchargées. Inoubliable moment aussi cette promenade piétonne sur la Seine gelée, prise par les glaces.
C’était également un siècle où le cœur pouvait s'arrêter sans crier gare et l'eau d'une fontaine provoquer un choléra foudroyant.
On y croise des personnages pittoresques et attachants : Alexandrine, la fleuriste qui apprend à Rose l’art des bouquets , monsieur Zamaretti, le libraire qui lui fait découvrir Flaubert, Baudelaire, Zola, ou Balzac, Gilbert un chiffonnier noir de saleté et de suie, mais au cœur généreux. On y rencontre aussi Marville, le photographe ayant immortalisé ces ruelles disparues et même le baron Hausmann, au détour d’un escalier de l’Hôtel de Ville.
Rose est aussi un roman sur l’amour, la solitude, la fidélité, l’amitié, la nostalgie, la passion des lieux, la famille et les non-dits; car chez Tatiana de Rosnay les personnages ont des secrets que les murs savent garder et que les lecteurs rêvent de percer. De lettre en lettre, l'héroïne replonge dans son passé et dévoile peu à peu cette blessure qu'elle n’a jamais osé confier à son mari
Rose, enfin, c’est l’histoire d’une femme, opiniâtre et malicieuse, que l’on aime dès la première page et qui nous entraine dans un suspens insoutenable jusqu’à l’ultime rebondissement de la dernière page.
Quelle magnifique idée de revisiter les travaux d'Hausmann du côté de ceux qui étaient viscéralement attachés à leur appartement ou leur maison, qui ont été méprisés, déplacés , déracinés. Rose raconte le traumatisme de ces travaux trop grands et inhumains. Avec la démolition de leur demeure, ce sont toutes leurs vies qui s’effondrent et leurs souvenirs qui disparaissent.
La prochaine fois que vous flânerez près de Saint-Germain des Près, soyez attentifs. Si vous avez un peu de chance vous y croiserez peut-être Rose une héroïne à jamais liée à ce quartier et que vous n’êtes pas prêt d’oublier.
"Rose" - Tatiana de Rosnay - Editions Héloïse d'Ormesson - 256 p. - 19 euros - en librairie le 3 mars 2011
dimanche 6 février 2011
Une Battle jubilatoire
Il se prénomme Ange, mais ses amis l’ont surnommé La Boule du fait « d’un certain embonpoint». Il est en seconde au lycée Paul Cézanne et nous raconte à la première personne l’histoire incroyable qui lui est arrivé en ce mois de mai, quelques semaines avant la fin de l’année scolaire.
Avec César (son meilleur ami, beau gosse et bourreau des cœurs du lycée), et Safia «beurette squattant la tête de classe … qui ne compte pas se laisser désintégrer par la société », ils ont créé un groupe de hip-hop et sont sélectionnés pour la finale inter-lycées. La Battle , c’est le défi qu’ils vont livrer au Lycée Jules Ferry.
Il y est question d’amitié, de rêves , de hip hop, d’émois amoureux, de coups durs, de générosité . Les rebondissements se succèdent à un rythme effréné. Et on termine ce livre avec une pêche d’enfer .
Valérie Tong Cuong s’est beaucoup amusée à écrire « cette histoire dans laquelle des adolescents, aux parcours très différents, apprennent à grandir en composant avec leur héritage ». Pour notre plus grand bonheur !
Ange est un anti-héros qu’on n’est pas prêt d’oublier !
La Battle ( Les Editions du Moteur) de Valérie Tong Cuong est publié le 10 février 2011.
mardi 1 février 2011
Une Rose inoubliable

Elle s'appelle Rose . Lorsque le 12 juin 1828, Armand, son futur mari lui écrit, il a ces quelques mots :" Je vous ai attendue toute ma vie, Rose. Ce n’est pas seulement votre beauté de reine, votre distinction, mais aussi et surtout votre altruisme, votre gentillesse et votre humour. Je suis fasciné par votre personnalité, votre rire, l’adoration que vous vouez aux beaux atours, votre démarche, l’or de vos cheveux, le parfum de votre peau. Oui, je suis profondément épris. Jamais je n’ai aimé comme cela. »
Inoubliable Rose, belle et éternelle comme une héroïne de Tatiana de Rosnay : un merveilleux mélange de malice et de fidélité, de force de caractère et de douceur, amoureuse et pourtant si seule.
Lorsque commence le nouveau roman de l'auteure de Boomerang et d'Elle s'appelait Sarah , en cet hiver 1868, Rose habite rue Childebert, à deux pas de l’Eglise Saint-Germain des Près , une rue aujourd’hui disparue.
Le 3 mars 2011, vous découvrirez le combat qu’elle a décidé de mener.
Rose de Tatiana de Rosnay, Editions Héloïse d'Ormesson






